Marc Paradis

Video maker
male
NE(E)
1955
Biographie

Vidéaste. De loin la voix gaie québécoise la plus importante dans le domaine vidéo au cour des années 1980, Paradis – artiste prolifique et avant-gardiste – est connu pour ses réflexions poétiques, maussades et obsédantes sur le corps, la passion, les tabous, les limites, les relations et le deuil au masculin (voir chapitre 8). Reconnu et célébré sur la scène internationale de l’art vidéo, Paradis reste moins connu dans le milieu anglophone queer au Canada. Sa présence moindre dans cette sphère s’explique de plusieurs façons, qu’il s’agisse des standards spécialisés et des formats miniatures de l’art vidéo, du duo étranger d’images extrêmes et d’esthétisme subtil (dont ses trames sonores réfléchies superposant des compositions originales avec son appréciation des chants liturgiques) ou encore car la traduction de sa voix hors-champ morose et philosophique semble excessive. La première œuvre de Paradis, Voyage de l’ogre (1981), un essai qui tisse des liens entre les atrocités commises par John Gacy – ce tueur en série de Chicago – et les témoignages de jeunes montréalais naïfs sur leurs expériences et leurs désirs en lien à la prostitution est son film le plus socialement engagé. Ses autres réalisations gravitent dans l’univers fort personnel et hermétique du désir individuel tel son triptyque sur l’amour perdu composé de L’incident Jones (1986),Délivre-nous du mal (Deliver Us From Evil, 1987) et Lettre à un amant (Letter to a Lover, 1988). Ce dernier film, avec son lyrisme axé sur la masturbation, est l’un de ses plus grands chefs-d’œuvre. Paradis fut également un conservateur et un membre actif influent dans le milieu vidéo pendant les années 1980. Son film narratif Harems (1991), une histoire d’amour rêveuse et délirante entre un scénariste et un danseur nu d’une durée d’une heure, fut son œuvre la plus longue ainsi que sa dernière.