Laurent Gagliardi

Réalisateur, scénariste, administrateur des affaires culturelles. Gagliardi, ce cinéphile montréalais, est surtout connu du public queer pour Quand l’amour est gai (NFB, 1994, 49), un documentaire ingénieux qui a finalement mis le studio français de l’ONF à jour en matière d’homosexualité masculine, cet immense monde. Le film de Gagliardi est un sondage sur les problèmes actuels au sein de la communauté gaie, qui offre un cardiogramme urbain animé, caractérisé par l’attention respectueuse qu’il porte aux hommes plus âgés et par son portrait franc de la sexualité, dramatisé et documentaire (y compris une performance livrée par le légendaire danseur du Club Taboo, bien membré). L’ONF a nerveusement ajouté « Ce film contient des scènes qui pourraient choquer certaines personnes » à sa description. Le film fut diffusé au Québec et en France, et effectivement, certaines personnes furent choquées et déposèrent une plainte au Conseil canadien des normes de la radiotélévision lors de sa diffusion (les plaintes ont été rejetées par le Conseil après les avoir examinées soigneusement). Cette politisation de l’imagerie sexuelle faisait partie de l’intention consciente de Gagliardi. Cependant, Éric Fourlanty, critique gai de l’hebdomadaire Voir, a trouvé que le film était affaibli d’une part par son mandat, car en tant que premier film, celui-ci a tenté de tout accomplir d’un seul coup, et d’autre part par le flou ainsi créé rendant la nature de son public cible confuse (15 sept 1994). Yves Lafontaine, de Fugues, a défendu la simplicité du film et sa manière de montrer « Montreal gays, ordinary, intelligent and articulate, never ridiculous, most of the time right on, sometimes disconcerting in their frankness, but always interesting (juillet 1995). »
Gagliardo a travaillé pour l’ONF à la fin des années 1980. Il a aussi collaboré avec Jean-François Monette, Michel Langlois et Léa Pool au passage, sur deux de ses projets les moins queer. Enfin, il a travaillé pour les Archives gaies du Québec, et est depuis peu chef de projet à la SODEC, la société qui finance le cinéma au Québec.


