Outrageous!

1977
96.0'
CA
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  • Cinema 5
Synopsis

Joyeux mélodrame sur l’amitié qui parle de Robin, un coiffeur queer (un rôle tenu par Craig Russell, artiste drag de renommée) et de sa colocataire schizophrène Liza, Outrageous! parle de la thématique de l’art drag (alors connu sous le nom de « personnification féminine ») avec une authenticité sincère – un contraste étonnant avec la plupart des autres films qui traitent de cette même thématique en se penchant sur l’aspect performatif ainsi que la nature fictive de cet art. En jetant un coup d’œil à la lutte menée par Robin au quotidien afin de trouver sa place au sein de la société, Outrageous! – en dépit de sa collection extravagante de costumes et de ses couleurs éclatantes – s’intéresse plus à l’état d’âme de ses personnages que de leur apparence extérieure. L’un des rares films canadiens de l’époque à s’être mérité une production théâtrale (à New York), Outrageous! fut louangé par la critique dans plusieurs publications spécialisées.

Succès surprise canadien des années 1970, Outrageous! s’est mérité trois articles dans Cinema Canada, une éloge et une production théâtrale. L’éloge de John Locke (1977) débuta avec une anecdote concernant l’appréciation d’un spectateur new-yorkais de sa valeur théâtrale non-nationale avant d’ouvrir une discussion sur sa canadienneté pas tant canadienne :

« Vous n’avez jamais vu un spectacle aussi bon. » Voilà une réaction qui n’est pas typique en termes de films canadiens... Outrageous!... est le meilleur film fictif canadien que j’ai vu de ma vie et – en faisant fi du nationalisme pour un instant – il s’également d’un très bon film de 1977 sur le plan international... Le jeu des acteurs est tellement excellent et uniforme qu’il peut absolument être qualifié de « non-canadien »... C’est exactement de cette façon qu’Outrageous! se désavoue de sa canadienneté : les acteurs récitent leur texte de manière crédible... Les films canadiens ont souvent tendance à camoufler leur nationalité. Les acteurs et les actrices ne disent jamais « aye ». L’argent et les plaques d’immatriculation n’apparaissent jamais à l’écran... Outrageous! s’écarte de ces conventions auxquelles se plient souvent les films canadiens cherchant un distributeur américain – un choix qui fut absolument à son avantage. Peu importe qui vous êtes, merci Richard Benner. Voilà des années que j’attendais de voir un excellent film fictif canadien.

Tiré de The Romance of Transgression de Thomas Waugh (McGill-Queens, 2006).