Richard Benner

male
Date de naissance
1946
et lieu
Sterling , IL
États-Unis
Illinois US
Died
janvier, 1990
Biographie

Réalisateur. On se souvient de Richard Benner, expatrié américain qui s’est accompli à Toronto, pour son film à succès réalisé avec un petit budget : Outrageous! (1977, 96). Il s’agit de l’histoire d’une drag queen torontoise qui effectue une percée à New York.

Basée sur « Making it » de Margaret Gibson, cette histoire de pur bonheur raconte l’amitié entre une coiffeuse/imposteur et une « vraie » femme schizophrène fuyant la psychiatrie. Elle met en vedette Craig Russell, une véritable drag, qui grâce au film est devenue une célébrité. Ce Casablanca du cinéma canadien-anglais reflète une synchronie presque parfaite de talents réunis pratiquement par accident et au bon moment, créant un bon augure pour les longs métrages canadiens, mais qui a ensuite pataugé dans le vide des « abris fiscaux ». Gibson a basé son histoire vive et originale sur son ami Russell, et Benner l’a transformée en une mise en scène et un scénario spirituels. Le film a définitivement mérité son Ours d’argent berlinois et son succès inattendu à New York. Les numéros paroxystiques mettant en vedette Russell réincarnant Davis, Bankhead et même Ella Fitzgerald (« It's not tacky drag. I do real impressions. No records. My own voice. ») sont si merveilleux qu’ils vous font oublier le beau petit film très canadien, traitant de la rédemption des étrangers et de l’émergence de la communauté, qui les a précédés. Plus soutenu par la critique et le grand public que par les communautés queer, Outrageous! est encore un récit positif et émouvant sur les identités queer émergentes. N’étant plus disponible en vidéo, ce classique est un candidat de premier choix pour une édition DVD, ou encore mieux, pour une version musicale en 35 mm qui permettrait aux jeunes de hurler avec Robin des répliques telles que « Mad as a Hatter Darling. »

Benner a poursuivi avec une autre adaptation centrée sur Toronto, Happy Birthday, Gemini (1980), qui a réussi à maintenir un minimum de sensibilité queer malgré son financement accordé par un studio américain. La suite, Too Outrageous! (1987), a aussi déçu, bien que Russell ait fait un retour en force. Le film n’est pas aussi mauvais que le prétend la critique. Le sida nous a privés de Benner et de Russell peu de temps après.