Midi Onodera

Réalisateur, Scénariste
femme
NE(E)
1961
Lives in
Toronto , ON
Canada
Ontario CA
Biographie

Réalisatrice et scénariste. L’une des vidéastes et réalisatrices canadiennes les plus prolifiques, versatiles et reconnues à l’international pendant deux décennies. Onodera intégra la scène artistique de Toronto alors qu’elle complétait ses études à l’OCAD. Sa première réalisation majeure, Ten Cents a Dance (Parallax) (1985, 30), assura immédiatement sa réputation à l’international. Ce triptyque fictif et expérimental sur le sexe, le jeu et l’argent fut aussi l’un des films les plus controversés des années 1980 et suscita de fortes réactions lors de chaque représentation. L’œuvre était composée de trois vignettes mi-satiriques offrant un aperçu d’échanges sexuels lesbiens, gais et hétéros, chauds comme rafraichissants. Vingt ans plus tard, nous cherchons toujours à savoir ce que le film tente de dire et comment la décision d’Onodera de superposer des séquences d’images joue sur ce plan; des signes attestant de sa qualité de chef-d’œuvre (voir chapitre 8).

Son prochain film, The Displaced View (1988, 52), fut entièrement différent. Cet essai documentaire chaste mais novateur portait sur l’héritage canado-japonais d’Onodera, sa grand-mère et les générations de femmes de sa famille tout comme l’interface de l’histoire, la mémoire, l’origine ethnique, le genre et l’identité sexuelle. Ces thématiques apparaissent également dans plusieurs vidéos et courts-métrages subséquents, tout comme son désir de renouveler les formes expérimentales, autobiographiques et narratives. Son court-métrage Basement Girl (2001, 12), par exemple, est un récit aux formats et aux langues multiples portant sur une jeune femme laissée à elle-même qui se terre dans son logement au sous-sol avec sa télévision et de la malbouffe. Elle intégra éventuellement le monde extérieur à nouveau afin de « faire sa place dans le monde » après avoir été inspirée par la Femme bionique.

La seule incursion d’Onodera dans le milieu du long-métrage se solda par la réalisation de l’énigmatique Skin Deep (1995, 85), qui connut un succès commercial variable ainsi que des critiques mitigées. Le film piqua la curiosité des spectateurs avec son récit d’une réalisatrice canado-asiatique qui tente de trouver un équilibre entre son art et sa vie personnelle houleuse ainsi que ses thématiques d’identité de genre et de transgression, de tatouage, de douleur et de désir.

Plus récemment, Onodera a exploré les techniques médiatiques basées sur le digital, l’interactif ainsi que la performance, continuant ainsi de surprendre les audiences désireuses de voir les identités sexuelles et ethniques présentées sous forme de récits affirmatifs représentatifs tout en comblant celles qui aiment être provoquées.