John Herbert

male
Date de naissance
1926
et lieu
Toronto , ON
Canada
Ontario CA
Died
décembre, 2000
Biographie

Dramaturge et scénariste. Herbert – ce grand pionnier gai du théâtre du Canada anglophone – est surtout connu pour son succès international Fortune and Men's Eyes (1965), une œuvre inspirée de son passage au centre de réforme de Guelph suite à des accusations de « grossière indécence ». Herbert contribua à l’adaptation de sa pièce à l’écran du même nom lors de la première vague de financement public des longs-métrages canadiens (réa. Harvey Hart, Montréal, 1971). Financé par Hollywood et épaulé par la CFDC, le projet comptait sur la lancée du cycle gai commercial de la période 1969-70 (Midnight Cowboy, Women in Love) mais ne fut pas en mesure d’égaler le succès de la pièce après des disputes au niveau de la production et des critiques mitigées. Avec une formation en production dramatique au sein de la CBC, le réalisateur Hart (1928-1989) fut parachuté au cœur de la production et arriva à conjurer un narratif louable. Malgré quelques difficultés (causées partiellement par les acteurs principaux importés des États-Unis et les changements apportés à la pièce originale, tel le suicide du violeur gai Rocky), Fortune fut porté par l’assurance de sa fidélité à l’original (The New York Times reconnut à contrecœur l’ « authenticité déprimante » du film [17 juin 1971]). Smitty – héros innocent et « hétérosexuel » – se retrouve en prison pour possession de pot plutôt que de l’accusation originale d’Herbert et découvre un univers carcéral de viol collectif, de chantage sexuel et de corruption, le tout dépeint d’une franchise brutale qui offre par moment des liens de loyauté et des échanges tendres. Smitty se fait corrompre et découvre au passage une possibilité de résistance incarnée par le personnage exubérant de Queenie. Plus que Smitty, cette fausse blonde se rapproche d’une représentation de la personnalité d’Herbert; son rôle fut joué par le délicat Michael Greer, qui joua également dans la production new-yorkaise de la pièce et qui fut incontestablement la vedette du film. Tourné dans la même prison désaffectée de la Ville de Québec que le canonique Lilies 25 ans plus tard, Fortune and Men’s Eyes fut déraciné de son contexte canadien et critiqué aussi fortement dans le livre Celluloid Closet (1981) de Vito Russo. Le film demeure un tournant sous-estimé dans la trajectoire du cinéma fictif queer du Canada.