Jeremy Podeswa

Réalisateur
male
NE(E)
1962
Lives in
Toronto , ON
Canada
Ontario CA
Biographie

Réalisateur. Figure de proue essentielle de la vague nouveau queer de Toronto vers la fin des années 1990. Éduqué à Ryerson et au American Film Institute, Podeswa gagna en popularité en 1983 grâce à David Roche Talks to You About Love, un monologue captivant et performance improvisée par l’acteur éponyme portant sur l’amour, qu’il soit de même sexe ou non. Son premier long-métrage, Eclipse (1994), un carrousel trilingue de Torontois désireux de sexe mais aliénés qui baisent à travers une éclipse solaire, fut très queer dans son omnisexualité, son excellente mise-en-scène, sa réalisation, le jeu de ses acteurs ainsi que dans ses longs regards sur Matthew Ferguson, cet acteur novice à la chevelure généreuse. Son deuxième long-métrage, The Five Senses (1999, prix Génie du meilleur réalisateur), fut similaire avec ses narratifs enchevêtrés, ses labyrinthes (et ses hommes musclées) multi-sexuels, ses performances époustouflantes et son symbolisme urbain évocateur. Les deux films illustrent parfaitement le refus de Podeswa d’être catégorisé comme un « réalisateur gai » au sens strict du terme :

« ... mon orientation sexuelle n’est qu’un élément parmi tant d’autres. Je crois que le fait d’appartenir à un groupe minoritaire – qu’il soit basé sur l’orientation sexuelle, la religion ou l’origine ethnique – change la perspective que nous pouvons avoir sur notre environnement et les éléments dans nos vies. Mon orientation n’est qu’une partie de moi; je suis juif, mes parents sont immigrants et je suis nord-américain. Ces éléments, parmi plusieurs autres, font en sorte que je suis qui je suis. Il serait très contraignant, voir erroné, d’affirmer que mon travail ou que celui de tout autre réalisateur peut être réduit à cette seule thématique d’orientation sexuelle. (Fugues, 16-9 (dec. 1999) 88) »

Podeswa enchaîna avec des productions télévisées de style « gagne-pain » (un mélodrame historique sur une famille hétérosexuelle dysfonctionnelle des prairies intitulé After the Harvest, 2000) ainsi que la réalisation d’épisodes télévisés queer (Six Feet Under).

Podeswa épata ensuite avec Touch (2001, 29), un excellent court-métrage fictif sur l’érotisme masochiste d’un adolescent abusé et séquestré qui fut de loin la meilleure fiction courte queer anglophone de la décennie. Le film, d’une durée d’une demi-heure, présente le récit à la première personne de Richard, qui en vient à rechercher l’érotisme de la douleur suite à un traumatisme. Richard délaisse sa famille reconstituée et son séduisant voisin de casier à l’école pour un univers nocturne où il hante les coins de trottoirs à la recherche de clients pour le battre. Basé sur le récit My Lover’s Touch (de l’écrivain vancouvérois et ancien travailleur du sexe Patrick Roscoe) et mettant en vedette Brendan Fletcher – la révélation aux cheveux cendrés de Rollercoaster, The Law of Enclosure et The Five SensesTouch fut comparé à Genet par un commentateur en ligne suite à sa représentation lors du TIFF en 2001 : « Vif, merveilleux et envoûtant; sans doute la meilleure réalisation de Podeswa. »[i] Nul autre spectateur ne s’opposa à cette affirmation.

[i]. http://eyetap.org/cyberman/cyberman_eye_tiff_movie_rating_printer.htm. Visité le 27 novembre 2003.