Guy Maddin

Réalisateur
Date de naissance
1956
et lieu
Winnipeg , MB
Canada
Manitoba CA
Lives in
Winnipeg , MB
Canada
Manitoba CA
Biographie

Réalisateur. Bien que Maddin – ce réalisateur winnipégois de mélodrames de style « faux vintage » issus de notre inconscient culturel collectif – soit en fait hétérosexuel, les titres de ses œuvres sont définitivement queer; Twilight of the Ice Nymphs (1997) est celui qui fait hausser le plus nos sourcils taillés à la perfection. Sa réinvention de mondes imaginaires primitifs peuplées de lamas, de Shelley Duvall, de matriarches apodes et d'héroïnes vierges apporte à l’esthétisme kitsch une charge renouvellée à conscience perverse tout en offrant une sincérité intense qui échappent à de nombreux mordus du kitsch. L’esthétisme kitsch a depuis longtemps cessé d’être un terrain de chasse uniquement queer, mais qu’en est-il de ces moments explicitement homoérotiques tel l’éros pédagogique intergénérationnel dans Archangel (1990) (souligné par plusieurs, même par le Guide to the Cinema(s) of Canada [1]) ou encore la scène de douche avec nudité frontale dans Coward Bend the Knee (2004)? Sans pour autant passer sous silence les anecdotes troubles et apocryphes du porteur d’eau – un régale de moments passés à genoux devant des joueurs de hockey soviétiques – racontées à son acolyte gai Noam Gonick dans son film Guy Maddin: Waiting for Twilight (1997). Très peu d’auteurs non queer ont osé aller au-delà d’un simple « flirt avec l’esthétisme queer » (pour reprendre les mots de John Greyson) afin d’introduire une sensibilité queer si généreuse et dénudée de prétention dans leurs œuvres. Scopophilie, paraphilie, pédophilie et cinéphilie; l’univers de Maddin incorpore suffisamment de -philies pour lui octroyer le titre de résident permanent honoraire de The Romance of Transgression. (1) Rist, Harry Peter, éd. 2001. Guide to the Cinema(s) of Canada. Westport, CT: Greenwood Press. 134-5.