Émile Gaudreault

male
Date de naissance
1964
et lieu
Alma
Canada
CA
Lives in
Montreal , QC
Canada
Quebec CA
Biographie

Réalisateur, scénariste. Gaudreault, vivant à Montréal, a réalisé Mambo Italiano (2003), le succès de salle canadien queer de 2003, fut la comédie gaie la plus populaire depuis Outrageous!. Coécrit par Gaudreault et Steve Gallucio, l’auteur de la pièce de théâtre qui a fait un tabac en 2002 en anglais et en français, le succès commercial de Mambo fut attribué d’une part aux bribes d’authenticité et à l’humour exagéré tirés des expériences vécues par Gallucio au cours de son enfance et lorsqu’il sortait dans la Petite Italie à Montréal, et d’autre part au moment opportun de la sortie du film. Ce dernier s’est vendu dans le monde entier à des distributeurs impatients de voir le succès monstre inattendu de My Big Fat Greek Wedding, un film ethnique classé « G », se reproduire. Le tout-puissant distributeur américain était si impatient qu’il a forcé le retrait de deux baisers échangés à l’écran entre Angelo le protagoniste et Nino, son amant, un policier toujours « dans le placard ». Cette scène interférait considérablement avec la cohérence du film. Tout comme La Cage aux folles dans les années 1970, Mambo a divisé le public : il y eut les gens qui ne sont pas queer, pour qui l’humour caricatural fut la chose la plus hilarante qu’il soit, et les queer, qui reconnurent des moments de vérité mais trouvèrent la plupart des écarts et excès inquiétants, notamment la fin pessimiste, beaucoup plus ambigüe et satisfaisante dans la pièce. Dans cette dernière, Nino, beau gosse mais traître, demeure l’homme troublé refoulant son homosexualité et obsédé par les saunas gais lorsque sa femme ne regarde pas. Il ne finit pas comme le père de famille hétérosexuel, impénitent et inattaquable, mis en scène par Gaudreault. Le réalisateur a voulu changer le ton a ajoutant une fin romantique pour Angelo, en couple avec un militant gai travaillant pour un service d’assistance téléphonique. Cette idée, tirée de sa propre expérience de volontaire à ce poste des années auparavant, eut un succès mitigé et les scènes se moquant des jeunes clients bouleversés ayant recours au service d’assistance sont moins désopilantes que de mauvais goût.

Gaudreault est un scénariste et un réalisateur commercialisable, qui connut auparavant un succès considérable avec Nuits de noces (2001), attestant de son don pour réaliser des comédies chorales et des farces familiales. Ce film s’est d’ailleurs aussi avéré être plus d’actualité que ce qu’il croyait : en mettant en scène la famille élargie d’un Québécois turbulent envoyée aux chutes Niagara pour assister à un mariage entre hétérosexuels, Gaudreault a ajouté à la toile un couple d’hommes gais, comme personnages secondaires, qui décide de faire le grand saut matrimonial mais qui semble surpris lorsque la fonction publique ontarienne refuse de leur octroyer un permis. Deux ans plus tard, le scénario aurait eu besoin d’être mis à jour.

Gaudreault fit un choix malheureux lorsqu’il décida de filmer son long métrage Comment survivre à ma mère, une comédie dramatique, en anglais : Surviving My Mother(2007, 95). Le film fut froidement accueilli par la critique provenant des deux côtés du fossé linguistique, mais a obtenu suffisamment de succès auprès du public pour mériter qu’on investisse dans son prochain long métrage, à savoir De père en flic(2009, 107), une comédie policière père-fils. Le charmant film (et heureusement en français) est celui qui a remporté le plus grand succès cette année-là dans les deux langues, et il a battu tous les records de recettes jamais obtenues en tant que film de langue franco-québécoise. Pour son long métrage de 2014, Gaudreault est allé à l’aventure sur le territoire des relations fraternelles entre hommes hétérosexuels avec Le vrai du faux, l’histoire saluée par la critique d’un réalisateur célèbre (joué par Stéphane Rousseau, l’acteur préféré des films d’art et d’essai) qui rencontre un soldat en ESPT (Mathieu Quesnel, bien foutu) et qui retrouve l’inspiration pour faire des films à nouveau.