Deepa Mehta

Réalisateur
NE(E)
1949
Lives in
Toronto , ON
Canada
Ontario CA
Biographie

Réalisatrice. La Torontoise indo-canadienne Mehta mérite amplement son titre d'héroïne queer honoraire dans cette liste sur le seul mérite de son long-métrage lesbien révolutionnaire Fire (1996, Toronto, 104). Ce mélodrame extravagant mais balancé sur l’amour entre deux belles-sœurs fut filmé entièrement à Delhi avec des acteurs principaux indiens et des acteurs secondaires canadiens sans aucun investissement canadien public. L’un des films les plus controversés du cinéma indien, Fire inonda les salles de représentation et augmenta la visibilité du mouvement queer indien de façon exponentielle. Le film reste malgré tout une histoire d’amour plutôt modeste située dans un contexte familial fort élargi; il est élevé par ses noms célèbres (les actrices Shabana Azmi et Nandita Das) et le richissime symbolisme visuel de tissus sensuels et de flammes purificatrices. De plus – tel que rapporté par le gros titre du journal Xtra! – « Fire is hot!» (11 sept. 1997). Ce troisième long-métrage de la réalisatrice hétérosexuelle fut applaudi lors de festivals à travers l’Amérique du Nord malgré les reproches de critiques hétérosexuels et blancs – et de quelques lesbiennes – à la fois en Amérique et en Inde qui questionnaient ce qu’ils percevaient comme une théorique contextuelle de l’amour saphique; des femmes qui en viennent à partager un lit car trop ignorées par leurs maris. Cependant, un contexte élargi de milieu artistique transnational – où le courage est rare et où un trafic turbulent parmi les identités sexuelles remettent de plus en plus en question les frontières culturelles et nationales – confirme l’importance historique de Fire dans le milieu cinématographique queer du Canada et de l’Inde.

En fin de compte, Fire est une excellente représentation du canon de Mehta : sa demi-douzaine de longs-métrages illustrent avec constance l’examen délicat des frontières entre la socialité et l’érotisme homosexuel, masculin (Sam and Me, 1991; Earth, 1999) comme féminin. Mehta excelle particulièrement dans la dissection de la construction volatile de la masculinité diasporique et dans l’exploration de performances transgressives liées au genre et à la personnification, tel que démontré par le spectacle troublant et vivide de Sam and Me et de Bollywood Hollywood (2002).