Colin Campbell

male
Date de naissance
1942
et lieu
Reston , MB
Canada
Manitoba CA
Died
janvier, 2001
Biographie

Vidéaste, réalisateur. Né au Manitoba, il a d’abord été professeur à l’Université Mount Allison avant de s’installer à Toronto, où il a été un pilier de la communauté de la vidéo artistique, enseignant à l’Université de l'École d'art et de design de l'Ontario, et plus tard à l’Université de Toronto. Durant plus de trente ans, Campbell a été prolifique : il a réalisé une cinquantaine de films, en incorporant souvent sa propre interprétation transgenre dosée avec brio dans des œuvres telles que l’ironique Woman from Malibu (1976), et a poussé les possibilités du récit sur vidéo vers une ambigüité et une complexité sans précédent et ce, sans même lui faire perdre son impact immédiat et direct.

L’un des premiers enregistrements queer de l’artiste, I’m a Voyeur (1974, 15), est sorti lorsque les jeux conceptuels et la vidéo artistique en tant que nouveau médium sont devenus beaucoup plus imbibés des tensions sexuelles découlant du voyeurisme, de la performance et de la mutabilité identitaire. Un long plan minimaliste fixant la fenêtre du narrateur produit d’abord peu d’effet, alors que l’agile intellectuel à la longue chevelure se borne à taper sur son clavier. Mais la voix hors champ incantatoire du narrateur lubrique chuchote à sa cible : « Do you know I’ve been watching you? ...do you see me?... I’m a voyeur... ». Ces paroles semblent porter fruit puisque les activités quotidiennes banales du voisin laissent de plus en plus place à la douche et au déshabillage, jusqu’à ce que finalement, il fixe le narrateur-voyeur dans les yeux. Le coup final qui tue pour les initiés, ou pour ceux qui ont lu le descriptif, est le suivant : le voyeur est en réalité l’exhibitionniste, les deux personnages sont interprétés par l’artiste et les deux activités sont inextricablement liées l’une à l’autre. Néanmoins, même pour les non-initiés, l’enregistrement met en appétit de manière fascinante et ingénieuse.

Captivé par le feuilleton et le voyeurisme, et toujours en train de doucement faire la satire des singeries espiègles des habitants du monde artistique et des rebelles queer (le vilain, le beau et le superficiel), Campbell a peut-être contribué davantage et avant tout le monde à la consolidation de la vidéo en tant que bastion queer au sein de la scène artistique plus ou moins branchée au Canada dans les années 70. Honoré ici et à l’étranger, sa collaboration avec plusieurs autres artistes, dont ses anciens associés Lisa Steele et John Greyson, s’est soldée par divers rôles marquants dans les films des autres, tels que Jungle Boy (1985) et The ADS Epidemic (1987), de Greyson. Skin (18), film anormal réalisé par Campbell en 1991, dramatise les témoignages de femmes atteintes du sida. Il a été récompensé par le prestigieux prix Bell Canada dans la catégorie Art vidéo en 1996.

At Campbell’s death, Greyson summed up the last two of ten basic lessons from “The Woman from Malibu’s Video Art Academy and Finishing School” thus:


#9, bad drag. Bad drag is better than good drag. Bad wigs are better than good wigs. Bad drag skips the surface and slams you right into the hunger of gender, the ten year old boy with the towel over his tits in the bathroom mirror pretending to be Elizabeth Taylor, terrified of being caught. Which brings us to #10, narcissism, video as mirror, camera as confessional, the screen a pool of mercury: darkly beautiful, tremulous, on the verge of wonder, on the brink of tears. Only a narcissist as unflinching as Colin could stare into the lens with such honesty, and see himself so clearly. And know that through such a mirror he could see us.(1)
(1) Greyson, John. 2002. 2002b. “The Singing Dunes: Colin Campbell, 1943–2001.” C Magazine (summer), 29–31.