Anne Golden

femme
NE(E)
1961
Biographie

Vidéaste, documentariste, commissaire, gestionnaire culturelle. Grande prêtresse du cercle de militantes lesbiennes et féministes du GIV de Montréal depuis 1989, Anne Golden fut un pilier des festivals du film féminin de Montréal au fil des années 1980 ainsi que l’une des programmeuses principales du festival montréalais Image+Nation pendant une bonne partie des années 1990. Golden est également une magicienne électronique accomplie du kitsch lesbien satirique, des politiques sexuelles astucieuses et de l’esthétisme vidéo versatile. Golden débuta sa carrière de production vidéo en tant que militante contre le SIDA avec Les Autres/Women and AIDS/HIV en 1991 (31), une série d’entretiens bilingues où les femmes parlaient du silence médiatique et scientifique sur le sida et le sécurisexe chez les femmes. Elle aborda à nouveau ce sujet l’année suivante dans une parodie commerciale vidéo de 30 secondes intitulée Safe Soap (PSA). Sa prochaine réalisation, une installation et vidéo indépendante intitulée Fat Chance (1994) qui inaugura son utilisation caractéristique de performance corporelle autoréflexive dans son œuvre, explorant cette fois-ci la grosseur, la honte et l’identité lesbienne. Une série ultérieure mettant en vedette le court-métrage Brothers (1998, 6), où Golden elle-même joua le rôle d’une artiste androgyne, misa sur la mascarade ainsi que l’ambiguité dans le genre alors que Big Girl Town (25) – un western spaghetti réalisé lors de la même année – traite de personnification et de masse corporelle. Plus récemment, Golden aborda l’ « insomnie lesbienne » dans Somme (2003, 12), une fantaisie poétique et déconcertante où l’artiste développe une dépendance aux cliniques de sommeil et où l’on retrouve des zombies queer somnambules, des rêves pastoraux ainsi que des… crottes de fromage. Depuis le début des années 2010, Golden enseigne au Collège John Abbott et continue son travail à la proue du GIV.